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Hikayat
Chroniques contemporaines |
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Perdu dans un échangeur routier
Perdu dans un échangeur, cherchant comment rejoindre le périphérique intérieur, après avoir identifié le périphérique intérieur comme le chemin que je cherchais. Je pense que d’être dans ce merdier, je le dois aux ingénieurs, qui ont voulu que la ville et ses routes soient comme ça. Ils ont voulu faire ça pour améliorer la ville. Que veut dire améliorer ? Et cela a-t-il vraiment été leur intention ? N’ont-ils pas plutôt cherché à modéliser puis à coller au modèle ? Au début de mes études, je me demandais comment il pouvait être possible de « calculer » tout ce qui nous entoure, étant donné la variété et la complexité des formes, des matériaux. Les cours de mécaniques ont commencé avec le « milieu continu ». Ce titre faisait rêver par son abstraction. Mais je suis sorti de l’école en sachant à peine calculer une poutre. Mais on nous a dit que la plupart des structures sont presque des poutres. |
Ici, on regarde comment la pensée des ingénieurs a contribué à enlaidir et déshumaniser l’environnement. L'ingenieur admet que son modèle est limité, qu’il est difficile de traduire la réalité. Mais il l’oublie aussitôt, et impose aux autres de construire fidèlement au modèle. La forme est modifiée pour coller au modèle et satisfaire la prédiction. Les etapes de la démarche in vivo : 1. on prend mesure de la difficulté du phénomène naturel, on se rend compte de l’étendue des différentes situations 2. on veut commencer par quelque chose, on décide donc de limiter l’étude aux cas les plus simples 3. on tente de compléter le modèle en faisant varier les paramètres de départ 4. on commence à envisager des situations moins « idéales », en introduisant les calculs non linéaires, les valeurs statistiques. Mais pour que ces situations plus complexes puissent être étudiées, on restreint encore le champ. Les situations moins « idéales » deviennent caricaturalement idéales et réservées aux chercheurs par leur complexité. 5. on comprend vite qu’il est impossible d’aller au-delà des cas super simples Exemple : l’échangeur routier. Comme il est impossible de modéliser fidèlement la circulation et les comportements des automobilistes, on suppose que celle-ci ressemble à un fluide animé d’une vitesse continuement variable. Les obstacles sont des problèmes. Le cheminement du fluide était l’hypothèse de base de la modélisation, il est devenu le maître de la ville. E.L. - Paris, porte de Gentilly, le 06/01/2009 Retour aux Ingénieurs |
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